reconstitution éventuelle du fort primitif de Carrouges
 extrait de "Carrouges" par Xavier ROUSSEAU :
"A sa position sur
une colline trés ancienne, Carrouges joignait l'avantage de son
site". A
3,8 km S-O, la côte 372,
dans le bois de Monthard, marque une éminence de la ligne de partage
des eaux entre la Manche et l'Atlantique,
qui est
aussi, de nos jours, la limite entre l'Orne et
la Mayenne, aprés avoir été la
frontière entre les tribus gauloises des Essuviis et des
Cénomans, de
la
Normandie et du Maine : même
encore aujourd'hui, ce sont deux races que sépare l'antique
démarcation. Paralléle à cette
ligne, une colline surgie prés d'Alençon se développe vers l'Ouest
jusqu'à Mortain, sur 20 Lieues, formant un rempart
naturel. Au début du XIe
siècle, Guillaume Ier
de Bellême, qui avait reçu du duc de Normandie Richard un
vaste domaine englobant: l'Alençonnais,
le pays de Sées et le Passais, ( à peu près la zone du Parc Naturel
de Normandie) avec précisément
pour mission de défendre les frontières méridionales de son
duché, jugea ce rempart tout désigné pour le tracé d'une
ligne stratégique sur
laquelle il établirait des points de résistance (fortifications) à Alençon, St Cénery,
La
Roche-Mabile, Carrouges, La
Ferté-Macé, Domfront et
Mortain. Il se mit immédiatement à l'oeuvre, méritant son
glorieux surnom de Talvas ( bouclier)."
A
Carrouges, nous dit Xavier ROUSSEAU,
"cette fortification
occupait la section
E 200-201 du bourg, au lieu dit "les Buttes". Le Fort primitif possédait un
aménagement défensif trés sérieux puisque capable de tenir en échec
pendant trois jours, l'importante armée de soldats aguerris
du comte d'Anjou "Geoffroy Plantagenêt" en 1136 ( aprés le 21
Septembre), réputé être un habile stratège. Ce château fort possédait
une chapelle dédiée à St Jacques, dont Jeanne, dame de Carrouges
épouse de Richard de Villers, donna le patronage aux chanoines de
Sées, à la fin du XIIe s. Elle, dont l'époux périt en
guerroyant en Anjou contre l'affreux Jean-sans-Terre, vit sans
doute douloureusement ce dernier Duc de Normandie céder le duché au
roi de France ( Philippe Auguste). Au début de
la Guerre de Cent Ans, soit
150 ans plus
tard, ce château-fort subit les affres des querelles
anglo-navarraises contre le roi de France mais n'ayant plus la
nécessité de défendre les frontières d'un duché rattaché au royaume
de France, Jehan IV de
Carrouges engagea la reconstruction d'un château abrité au fond de
la vallée.
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