PRESENTATION CARROUGES
( 61320), petite bourgade de l'ORNE en Basse Normandie où résident 756 habitants sur
858 hect. (soit 85,7 hab/km²), se
dresse ( 335 m d'altitude) au milieu de forêts vallonnées qui lui
permettent de figurer sur la route des trois forêts ( Ecouves,
Andaines et Bourse) et d'offrir
aux randonneurs
un choix de multiples circuits ( GR 22). Siège de la communauté de communes du Pays de Carrouges et chef-lieu
du plus grand canton du département avec ses 24 communes, Carrouges
occupe le centre sud-ouest de l'Orne, aux lisières de la Mayenne. Carrouges est aussi le siège
du Parc Naturel Régional Normandie Maine , abrité
dans l'ancienne résidence des
chanoines du château "Le Chapître". On y trouve
également la Maison des Métiers, qui
organise chaque année des expositions dans sa collégiale (XVe). Le patrimoine
occupe une place importante dans la région : le Château de Carrouges, l'église de Sainte Marguerite de Carrouges, d'origine
romane (XIe), les
forges du Champ-de-la-Pierre, le prieuré au porche roman de La Lande-de-Goult, ainsi que
sa chapelle Saint Michel, pleine de charme et de légendes, son haut fourneau (XVIe). La plus grande ville à proximité de Carrouges est LE MANS, situè à 67 km au Sud-Est de la commune Les habitants de CARROUGES s'appellent les Carrougiens
L'importance historique de la Forge dans l'économie locale La
région de Carrouges est habitée depuis l'époque préhistorique, de
nombreuses pointes de flèches découvertes dans les environs en
témoignent. Les Gaulois et les Romains ont aussi laissé des traces de
leur passage.
C'est un lieu basé sur l'agriculture, les foires trés
fréquentées dés la fin du XIer siècle et la métallurgie.
L'exploitation
du minerai de fer existait depuis le moyen-âge et correspondait
à l'arrivée dans la région de moines ou d'ermites expérimentés en la matière, mais c'est vers 1540, qu'un haut-fourneau-fonderie (On peut lire qu'il aurait pu servir de modèle à l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert)
fut établi, à droite de la route de Rânes, le long de la rivière Udon, par les Le Veneur (de Tillières)
Seigneur de Carrouges, en contre-bas du bourg de Carrouges. Cette installation alimentait en fonte
(métallurgie) la "forge
de Carrouges" établie
sur St Martin l'Aiguillon. La nécessité d'obtenir des chutes d'eau
suffisantes avait séparé le fourneau de la forge. Le minerai employé était un fer hématite provenant du plateau de Rânes ou plus tard d'Ecouves. Quant au charbon, il était frabriqué sur place, dans les bois des alentours. Pour extraire le fer du minerai on employait la méthode catalane
qui consistait à entasser le charbon de bois et le minerai dans le
fourneau avec du calcaire nommé castine pour servir de fondant. Un
énorme soufflet mû par la chute d'eau activait la combustion pour
entretenir la fusion qui durait 4 à 5 jours. Celle-ci achevée, on
enlevait le tampon d'argile situé à la base du creuset pour que la
masse liquide s'écoule vers les moules de gueuses que l'on envoyer à la
forge pour produire le fer qui produisit, entre autre, toute la
ferronnerie artistique du château, des marmites, chaudrons et plaques
de feu, ainsi que de nombreux ateliers du bourg : clouterie
quincaillerie, maréchalerie, coutellerie
Plusieurs fois
reconstruit et modernisé (en dernier pour remplacer le charbon de bois
par le coke), le haut-fourneau fut restauré -pour la dernière fois- en 1837. Le plus ancien maître de forges connu est, en 1562 " Gilles Seigneur". Hector
Le Veneur vendit finalement l'installation en 1854, à René Catois
maître de forges à Rânes. La cessation de cette activité (de production
de fonte au charbon de bois
puis au coke) se produisit vers 1870 (comme la plupart des manufactures
de ce type dans la région: Le Champ de la Pierre, St Denis sur Sarthon,
Rânes, Boucé...) consécutivement à l'épuisement progressif du minerai
de fer et à la concurrence anglaise (accrue par le traité de libre-échange, signé en 1860 entre la France et l'Angleterre). Vers
1860, l'activité de la métallurgie fut un des motifs de demande de
construction d'une ligne de chemin de fer entre Trun et La Lacelle via
Argentan, Boucé et Rânes,Carrouges avec une halte à Ste Marguerite.
A cette époque on prévoyait -pour Carrouges et par an- 2 250 tonnes
d'importations (coke, castine, fontes anglaises) et 1 500 tonnes
d'exportations (fontes moulées). Mais, après bien des tergiversations,
la ligne ne fut mise en service que... 50 ans plus tard!! (le 30
décembre 1913 exactement) alors que l'activité métallurgique avait déjà
cessé. La ligne de tram à voie étroite ou voie métrique (mais avec Carrouges comme terminus!) ne put donc atteindre ,pour le
transport des marchandises, la rentabilité envisagée; de plus, la mise
en service des premiers cars concurrença les derniers autorails. Conséquence:
la ligne ne fonctionna que pendant une trentaine d'années seulement (la
dernière machine à vapeur circula le 8 Juin 1937). Quant à la forge, elle fut abandonnée aprés la réglementation sur la raréfication du charbon de bois . On déssécha l'étang de la forge qui fut pêché pour la dernière fois en 1868. |